Broncho-pneumopathie (la) Chronique Obstructive à Oran : Aspect clinique et épidémiologique.
Broncho-pneumopathie (la) Chronique Obstructive à Oran : Aspect clinique et épidémiologique.
Fichiers
Date
2011
Auteurs
TERFANI Djahida
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Résumé
La BPCO est et reste la pathologie respiratoire chronique qui pose problème de santé publique. Une étude descriptive et analytique à recueil prospectif a été réalisée en 2007-2008 sur un échantillon représentatif de la population symptomatique (symptômes respiratoires chroniques) consultant les médecins généralistes des EPSP d’Oran. Ces médecins ne disposaient pas d’outil diagnostic qui est le spiromètre et ne sont pas formés pour pouvoir poser le diagnostic de la maladie. A travers l’enseignement qui a été prodigué par notre équipe, on s’est rendu compte qu’il y’avait une nette confusion entre l’asthme et la BPCO et que le diagnostic de cette dernière est clinique reposant sur les symptômes décrits par les patients. Le recrutement de ces patients s’est fait au service de pneumologie du CHU d’Oran par le biais de l’orientation des médecins généralistes dans un but de confirmation du diagnostic fonctionnel d’une part, et l’identification des facteurs de risque qui influent sur la sévérité, d’autre part. Tous les patients ont pratiqué une spirométrie avec test de réversibilité, un interrogatoire minutieux, un examen clinique et éventuellement un ensemble d’examens para-cliniques. Ceci nous a permis d’éliminer toute pathologie pouvant susciter un trouble ventilatoire autre que la BPCO. La prévalence actuelle de la BPCO, chez les patients symptomatiques chroniques est de 36%. Le sexe prédominant est le sexe masculin avec 125 hommes soit 90.6% et 13 femmes soit 9.4% avec un Sex ration=9.6. Elle augmente avec l’âge, l’âge moyen est de 62.8±1.8 ans. Le tabagisme actif reste le facteur de risque le plus prédominant. Il est retrouvé chez 87.7%. Les professions à risques sont éventuellement retrouvées mais on ne peut déterminer leurs parts contributives car la plupart des patients sont des fumeurs. 50% des patients appartiennent aux stades III et VI de la maladie. Ce sont donc des stades sévères nécessitant un coût important de prise en charge 10.5 % des patients n’étaient pas connus insuffisants respiratoires alors qu’ils le sont avec 7.5 % nécessitant une oxygénothérapie de longue durée à domicile, l’évaluation de nos patients par un TDM6 montre que 70 % de ces patients ont parcouru une distance inférieure à 82% de la distance théorique ce qui témoigne de la nécessité d’un programme de réhabilitation. Dans l’attente de ce programme, il faut conseiller à ces patients le rôle de l’activité physique pour lutter contre la sédentarité et par conséquent contre l’atrophie et la faiblesse musculaire et améliorer leur qualité de vie. 156 184 En dépit des recommandations actuelles de prise en charge, la BPCO demeure sous traitée parce que sous diagnostiquée, phénomène qui aggrave le pronostic et complique la thérapeutique au moment de l’établissement du diagnostic. Pour ce qui est de l’analytique, L’analyse multi variée par régression logistique a montré qu’au cours de la BPCO la sévérité en fonction du VEMS, (GOLD I ,II,III , IV ) est associée d’une manière significative aux nombres d’exacerbations, c'est-à-dire plus le nombre d’exacerbations est important et plus la BPCO est sévère. La sévérité de la maladie pour ce qui est de l’indexe BODE c'est-à-dire sur le plan général est associée d’une manière significative au nombre d’exacerbations et l’IMC; en d'autres termes plus le nombre d’exacerbations est important et plus l’IMC est bas et plus la BPCO et plus sévère. Donc ceci nous permet de dire que pour une meilleure prise en charge de la maladie, en plus de la prise en charge pharmacologique des patients, il faut prendre toutes les mesures pour prévenir ces exacerbations et mieux les traiter. En outre, il faut insister sur l’état nutritionnel et l’activité de ces patients. Pour atteindre ces objectifs, le pneumologue ou le généraliste ne suffisent pas: il faut La création d’un réseau multidisciplinaire de prise en charge de la BPCO qui englobe les pneumologues, les cardiologues, les médecins du travail, les physiothérapeutes, les psychologues, et les nutritionnistes, sans oublier la participation et l’orientation du généraliste préformé pour l’approche d’un diagnostic et pour l’orientation spécifique. Si notre étude n’est que préliminaire, on retrouve une prévalence de 36 % de cas parmi les symptomatiques chroniques. Il en ressort que la BPCO demeure un fléau de santé publique et le vœu exprimé serait de multiplier les études dans diverses régions du pays. La diversité culturelle, géographique à travers le pays constitue une orientation en matière de stratégie de prise en charge variable et adaptée car le qualificatif de sous diagnostic reste tributaire d’une communication ou d’une relation médecin- malade elle-même diversement appréciée. Le qualificatif sous traité, demeure, lui, fonction de la formation post universitaire d’une opération d’actualisation des connaissances diversement dispensées et effectuées dans les différentes wilayas du pays. C’est dire toutes les difficultés à affirmer une prévalence réelle et sans reproche. Quoi qu’il en soit nous restons convaincus de ce que représente le dépistage auprès de la population globale. Ce dépistage s’impose de fait car la BPCO remplis tout les critères de dépistage de l’OMS [194] mais les préalables sont multiples et devraient être affrontés avec l’aide et la compréhension du pouvoir public qui est et sera appelé à développer la politique d’équipement et enfin une mise en cohérence de la stratégie intégrée à la prise en charge des maladies respiratoires chroniques où la lutte anti tabac trouve la place qui lui revient de droit.
Description
Mots-clés
Broncho-pneumopathie, Aspect clinique et épidémiologique, Pneumologie