Etat des lieux sur la consommation des compléments alimentaires dans le cadre du traitement de l’infertilité - Région Ouest d’Algérie
Etat des lieux sur la consommation des compléments alimentaires dans le cadre du traitement de l’infertilité - Région Ouest d’Algérie
Fichiers
Date
2025-06-16
Auteurs
Brahim ,Mohamed Nabil
BESSACI Houria
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Éditeur
Résumé
L'infertilité masculine constitue un problème de santé publique majeur, impliquée dans plus de 50%
des cas d'infertilité conjugale. Avec une baisse mondiale du taux de fertilité de 2% par décennie,
l'utilisation de compléments alimentaires antioxydants suscite un intérêt croissant dans la prise en
charge de l'hypofertilité masculine. Cette étude vise à dresser un état des lieux de la consommation
des compléments alimentaires dans le traitement de l'infertilité masculine et à évaluer leur
utilisation thérapeutique. Nous avons réalisé une étude descriptive transversale du 1er mars au 31
mai 2025 auprès de 100 patients consultant pour infertilité à l'unité de Procréation Médicalement
Assistée (PMA) de l'Établissement Hospitalier Universitaire (EHU) d'Oran. Les données ont été
collectées via un questionnaire standardisé incluant les caractéristiques sociodémographiques, les
facteurs de risque environnementaux et comportementaux, les résultats de spermogramme, et
l'utilisation de compléments alimentaires. L'âge moyen de la population était de 42,3 ± 8,2 ans, avec
64% des patients âgés de 35 à 50 ans. L'infertilité primaire prédominait (73%). Les principaux
facteurs de risque identifiés étaient : tabagisme actif (62%), exposition professionnelle à la chaleur
(34%), stress chronique (32%), et surcharge pondérale (39% avec IMC ≥25 kg/m²). Seuls 8% des
patients présentaient une normospermie, les anomalies les plus fréquentes étant l'asthénospermie
(28%) et l'oligospermie (26%). Une proportion importante de patients (91%) était sous traitement
antioxydant, avec Fertigen comme complément le plus prescrit (28%), suivi de Maca (14%) et
Profertyl (11%). Cette étude confirme la prévalence élevée des facteurs de risque modifiables dans
l'infertilité masculine et l'utilisation quasi-systématique d'antioxydants en pratique clinique. La
concentration des consultations après 35 ans reflète l'effet de l'âge sur la fertilité masculine et les
facteurs socioculturels. La forte prévalence du tabagisme et des expositions professionnelles
nocives souligne l'importance de la prévention primaire. L'utilisation massive mais hétérogène des
compléments alimentaires révèle l'absence de standardisation thérapeutique, nécessitant des études
comparatives pour optimiser ces prescriptions. L'infertilité masculine nécessite une approche
globale intégrant prévention primaire, correction des facteurs de risque modifiables et
supplémentation antioxydante raisonnée. Cette étude plaide pour une refonte de l'approche
andrologique privilégiant une prise en charge précoce et multidisciplinaire, avec des perspectives de
recherche axées sur la standardisation thérapeutique et le développement de biomarqueurs du
stress oxydatif.
Description
Mots-clés
Infertilité masculine - Compléments alimentaires - Antioxydants - Spermogramme - Stress oxydatif.