Mucopolysaccharidoses (Les) de type 1. Organisation de la prise en charge au CHUO d’une maladie orpheline sévère, et intérêt de l’enzymothérapie substitutive.

Vignette d'image
Date
2016-05-26
Auteurs
CHERIET ZANOUTENE Lahouaria
Nom de la revue
ISSN de la revue
Titre du volume
Éditeur
Résumé
Introduction : La MPS I est une des maladies métaboliques héréditaires touchant essentiellement l’enfant, pour qui existe depuis 2002 un traitement spécifique. Depuis 2009 ce traitement est disponible en Algérie. Il est donc devenu nécessaire et obligatoire de mettre en place une stratégie de diagnostic et de prise en charge de cette affection, qui était connue dans le service depuis plusieurs années, sans possibilités thérapeutiques. Matériel et Méthodes: Nous avons analysé les données anamnéstiques, cliniques, para cliniques, thérapeutiques et évolutives des enfants présentant une MPS I hospitalisés de 1980 à 2014 en Pédiatrie. L’analyse est semi rétrospective pour les cas admis avant 2009, puis prospective par la suite. Objectifs : -Apprécier le profil épidémiologique de la maladie, -Analyser les différents aspects phénotypiques de cette maladie, éventuellement en rapport avec les aspects génotypiques, -Évaluer le bénéfice de l’enzymothérapie de substitution à partir de critères objectifs et, -Dépister de nouveaux cas dans les familles index pour un traitement substitutif précoce. Résultats: Sur les 35 années étudiées, le diagnostic de MPS I a été posé chez 45 enfants (19 garçons et 26 filles) soit 0,55 cas par an de 1980 à 2008 et 4,88 cas par an de 2009 à 2014. L’âge moyen à l’admission est de 10 ans et 3mois avec 7 nourrissons. La majorité provient de l’Ouest et du Nord-Ouest du pays. La consanguinité parentale est présente dans 71% des familles. Le phénotype est de type sévère Hurler chez 8 enfants (dont 5 nourrissons) et de type atténué dans 82%, Hurler-Scheie ou Scheie. Une atteinte multi organique est retrouvée chez les 45 MPS1, touchant le cœur (84%), le tube digestif (100%), l’œil (98%), les articulations (100%), l’appareil auditif (79,5%), l’appareil respiratoire (84%), et le système neuropsychique (45%). Le diagnostic est confirmé par la présence du déficit de l’enzyme α L Iduronidase leucocytaire, qui est total chez 15 enfants. L’étude génétique de 20 MPS I retrouve 5 mutations de type p.Pro533Arg dans 90% des cas. Sur les 35 ans de l’étude, 17 MPS I sont décédés, dont 7 après un suivi de moins d’1 an, 6 entre 1 et 5 ans, pour 2 entre 5 et 10 ans et pour 2 entre 10 et 15 ans,(L’ensemble comprenant 5 de type Hurler). Le traitement par enzymothérapie substitutive, indiqué chez 25 enfants, n’est évaluable que pour les 10 derniers, en raison des interruptions dans les approvisionnements de l’enzyme. Discussion: La MPS I est la plus fréquente des MPS observées en Pédiatrie. Elle se caractérise par une prédominance féminine et des phénotypes atténués, peut-être en rapport avec certains types de mutations. Les manifestations organiques sont souvent graves, en particulier respiratoires et cardiaques, responsables de la forte mortalité à plus ou moins long terme (de 1 à 22 ans). La prise en charge comporte un volet non spécifique très lourd s’adressant aux différentes atteintes organiques, et un volet spécifique également difficile, puisqu’il dépend de plusieurs facteurs: familiaux, sociaux, d’organisation pour un traitement à vie Conclusion: La MPS I est fréquente dans notre contexte, et probablement en Algérie, avec ces dernières années 3 à 4 cas par an. Elle demande une prise en charge multidisciplinaire très lourde et difficile à appliquer. L’espoir repose sur un diagnostic précoce et des thérapeutiques définitives de type greffe de moelle ou cellules souches, ou de type génétique.
Description
Mots-clés
Citation