Etude des manifestations bucco-dentaires de la maladie cœliaque dans un recrutement d’enfants et d’adolescents de l’Ouest Algérien : intérêt dans le diagnostic de la maladie cœliaque.
Etude des manifestations bucco-dentaires de la maladie cœliaque dans un recrutement d’enfants et d’adolescents de l’Ouest Algérien : intérêt dans le diagnostic de la maladie cœliaque.
Date
2019-12-20
Auteurs
BENAOUF Souad
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Éditeur
Résumé
Introduction :
La maladie cœliaque (MC) est une entéropathie auto-immune qui peut avoir des manifestations digestives typiques et des manifestations extra-digestives. Les manifestations buccales de la MC font partie des signes extra-digestifs de la maladie et peuvent être à elles seules inaugurales de celle-ci.
L’objectif de notre étude est d’étudier la survenue de ces manifestations bucco-dentaires liées à la maladie cœliaques et leur distribution au sein de notre population de malades cœliaques.
Patients et Méthodes :
Il s’agit d’une étude comparative réalisée au service de Pathologie et Chirurgie Buccales au CHU d’Oran Algérie au cours d’une période allant de Juin 2014 à Décembre 2018 portant sur un échantillon de 108 malades cœliaques comparés à un groupe de 118 individus non cœliaques composés des apparentés du premier degré de ces malades cœliaques.
Résultats et Discussion :
Dans notre étude nous avons remarqué une prédominance du sexe masculin avec 51% contre 49% pour le sexe masculin. Nos résultats sont superposables à l’étude égyptienne d’El Hodhod qui retrouve 51 ,4 % de sexe masculin contre 48,5 de sexe masculin. L’évaluation du statut bucco-dentaire nous a conduit à constater que l’hygiène bucco-dentaire est meilleure parmi les non cœliaques par rapport aux cœliaques. Un autre critère notable dans notre étude est le pourcentage élevé de malades cœliaques avec des malpositions dentaires qui représentent 53.7% contre 46.6% dans le groupe opposé. Les auteurs impliquent le retard staturo-pondéral qui entraine une cascade de troubles hormonaux se répercutant sur la croissance et l’éruption des dents. Concernant la structure dentaire nous avons remarqué la présence de dépôts noirâtres appellés black stains sur la surface dentaire chez 39.8% des malades contre 18.6% parmi les non malades. Ce critère a été identifié par des études récentes notamment celle de Majorana en 2009 qui retrouve ces dépôts chez 36% des malades cœliaques. Cette anomalie a été rattachée à un éventuel déséquilibre du microbiote buccal. Pour ce qui est des anomalies de l’émail des dents, elles ont été retrouvées dans 37% des malades contre 11% parmi les non malades (P≤10-3) ce qui se rapproche des résultats de Aine en 1986 qui retrouve 96% parmi les cœliaques contre 26% dans le groupe contrôle. Quant à la distribution de ces anomalies en fonction de la classification de Aine, nous constatons que les défauts les plus sévères (grade III et IV) sont retrouvés plus dans le groupe cœliaque (7malades) que dans le groupe non malade (3sujets). Comparée aux résultats de Hastaliginin en 2009, la sévérité de ces anomalies est plus marquée dans notre échantillon. L’étude des récurrences d’aphtes montre que 8,3% des malades ont plus de 2 poussée d’ABR contre 0,8% parmi le apparentés. Ces résultats concordent avec ceux de Majorana et al.
Conclusion :
L’existence des manifestations bucco-dentaire dans la maladie cœliaque ne constitue plus aucun doute. Leur importance et leur valeur prédictive doit faire l’objet d’attention particulière parmi les pédiatres et odontologistes car elles pourraient constituer un outil de dépistage et de diagnostic précoce de la maladie cœliaque.
Description
Mots-clés
Maladie cœliaque, Anomalies de l’émail, Aphtose buccale récidivante, Signes extra-digestifs.