Impact de l’exposition chronique à l'aluminium sur le développement du cerveau des rongeurs et pouvoir neuroprotecteur d'extrait de plantes : Etude neurobiochimique et neuroinflammatoire

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Date
2021-06-20
Auteurs
BOUSSADIA Amina
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Éditeur
Université Oran1 Ahmed Ben Bella
Résumé
L'aluminium est un élément neurotoxique ubiquitaire dont la toxicité sur les tissus vivants est clairement établie. Ces dernières années, il y a eu un intérêt croissant pour l'utilisation des plantes médicinales qui représentent un réservoir important de substances naturelles bioactifs ; afin de découvrir de nouvelles molécules thérapeutiques et potentiellement d'intérêt pour le traitement de maladies neurologiques. En médecine traditionnelle, Salvia officinalis L''la sauge'' a été utilisée pour traiter divers types de troubles. Ces dernières années, cette plante a fait l'objet d'études approfondies documentant son utilisation traditionnelle et découvrant de nouveaux effets biologiques.Notre travail consiste dans un premier temps à mener une étude phytochimique et à évaluer le pouvoir antioxydant des extraits de feuilles de Salvia officinalis. Dans un second temps, nous avons évalué l'effet neuroprotecteur de l'extrait aqueux de cette plante obtenu par décoction chez rats wistar intoxiqués par le chlorure d'aluminium. L'étude phytochimique réalisée sur les différents extraits des feuilles de Salvia officinalis a permis de mettre en évidence l'existance de différentes familles de composés chimiques. Le dosage de ces composés a révélé que l'extrait aqueux présentait la plus haute teneur en polyphénols totaux (118.57±1.82mg d'Eq d'acide gallique/g d'extrait), en flavonoides (88.66±9.28 mg d'Eq de catéchine/g d'extrait) et en tanins 10.08±0.74 mg d'Eq de catéchine /g d'extrait). L'activité antioxydante des différents extraits a été évaluée en utilisant deux méthodes différentes: le piégeage du radical libre DPPH et la réduction du fer (FRAP), l'extrait aqueux qui est le plus riche en composés phénoliques présente un bon pouvoir antioxydant. Pour le premier test L'IC50 a été estimée à 5.966±0.847 mg/ml, alors que pour le second test elle a été estimée à 10.97 mgAAE/mg de l'extrait pour l'extrait aqueux.L'exposition de jeunes rats wistar au chlorure d'aluminium (à raison de 60mg/kg/7J) par voie intrapéritonéale durant 45 et 90 jours a induit une diminution significative du gain de poids et du poids relative du cerveau comparés aux rats témoins. De plus, des changements comportementaux traduits par une réduction de l'activité locomotrice et exploratoire des animaux dans le test d'open-field, des troubles de la mémorisation, un niveau d'anxiété élevé et un comportement dépressif suite à l'exposition à l'aluminium. Une baisse significative de l'activité de l'acétylcholinestérase a été enregistrée chez les rats exposés à l'AlCl3 durant 45 et 90 jours (-27.13% et -54.49% respectivement) suite à des altérations de la fonction cholinergique. L'analyse du status antioxydant au niveau cérébrale et érythrocytaire indique que l'aluminium provoque une diminution de l'activité de la catalase, une augmentationde l'activité du glutathion-S-transférase et une peroxydation lipidique exprimée par le taux élevé de MDA. Ainsi qu'une perturbation significative dans les teneurs en lipides membranaires (lipides totaux, cholestérol et phospholipides) ; indiquant une perte de l'intégrité de la membrane. Aussi les résultats ont démontré que l'intoxication par le chlorure d'aluminium provoque des altérations histologiques dans le cerveau des rats, une détérioration marquée par la vacuolisation des cellules pyramidales, la nécrose, la dilatation du capillaire sanguin, les cellules pyramidales réduites par rapport aux groupes témoins. Ce qui explique l'effet neurodégénératif de ce métal.Les résultats révèlent également une toxicité immunologique chez les lots traités au chlorure d'aluminium suite à l'augmentation de l'IL6 et TNF Alpha. Par ailleurs, le traitement des rats par l'extrait aqueux de Salvia officinalis L obtenu par décoction (à raison de 150mg/kg/J) a significativement réduit les perturbations comportementales, les troubles cognitifs et de mémoire induits par l'aluminium. Ces résultats peuvent être dus à la présence des composés phénoliques, connus pour leurs propriétés neuro-protectrices. De plus, le traitement par cette plante a égalment induit une réduction significativement de l'état de stress oxydatif traduit par une amélioration de l'activité de la catalase, de la GST et une diminution de la peroxydation lipidique. La supplementation de l'extrait aqueux de la sauge a modifié les effets toxiques par diminution des altérations histologiques engendrées par l'aluminium et la suppression significative de la surproduction d'IL-6 et de TNF-Alpha. Le potentiel anti-inflammatoire de Salvia officinalis L est reconnu depuis longtemps car il provoque l'inhibition de diverses voies de signalisation liées à l'inflammation.
Description
Mots-clés
Chlorure d'aluminium, Salvia officinalis L, Poids, Comportement, Mémorisation, Stress oxydatif, Acétylcholinestérase, Altérations histologiques, Anti-inflammatoire, Neuro-protectrices
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