Approches histopathologiques, immunohistochimiques et moléculaires des Carcinomes Broncho-pulmonaires Non à Petites Cellules chez une population Oranaise.

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Date
2024
Auteurs
BELAROUI Ahmed
MAHIEDDINE Abdelmoula
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Résumé
Le cancer du poumon est l’un des cancers les plus fréquents avec 2,2 millions de cas par an et la principale cause de mortalité avec 1,8 million de décès à l'échelle mondiale. Les cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC), dont les adénocarcinomes et les carcinomes épidermoïdes, constituent 80 % de ces cancers. Cette étude prospective est fondée sur une analyse approfondie des cancers broncho-pulmonaires non à petites cellules chez treize patients administrés au sein de l’Etablissement Hospitalo-universitaire (EHU) « 1er Novembre 1954 » d’Oran, dont onze ont fait l’objet d’une étude histopathologique et immunohistochimique et deux autres ont bénéficié d’un criblage de leur profil moléculaire pour l’instauration d’une thérapie ciblée. Ce travail a été réalisé au cours de la période allant d’avril 2023 à mars 2024. Les résultats de notre étude histopathologique ont montré que les adénocarcinomes représentaient 73% des cas englobant majoritairement les formes acinaires et solides avec une fréquence de 27% chacune. Les carcinomes représentaient 27% des cas, incluant les sous-types épidermoïdes bien et moyennement différenciés ainsi qu'un variant adéno-squameux rare. La signature moléculaire via des marqueurs immunohistochimiques tels que la TTF-1, p40 et la CK7, s'est avérée essentielle pour le diagnostic différentiel des sous-types. La TTF-1 utilisé conjointement avec la CK7 a permis de différencier la forme adénocarcinome des carcinomes épidermoïdes tandis que la p40 a mis en évidence la présence du variant épidermoïde ainsi que le motif squameux qui peut être confondu avec l’adénocarcinome solide. D’autres marqueurs, tels que la Synaptophysine, Chromogranine A et la CK20 sont à marquage tumorale négatif éliminant ainsi la possibilité de la présence de tumeurs ayant une origine neuroendocrine et de métastases distal, ce qui a permis de fournir un diagnostic précis. Cette analyse est en faveur d’une meilleure acquisition du pronostic en lien avec les sous-types. Des tests moléculaires effectués chez deux patients « E17 » et « E85 » ont révélé des mutations spécifiques du gène EGFR, soulignant leur importance dans le diagnostic et le traitement des carcinomes broncho-pulmonaires non à petites cellules. Chez le patient « E17 », les délétions de l'exon 19 de du gène, rendent les inhibiteurs de la tyrosine kinase plus efficaces, offrant des perspectives prometteuses avec l'Erlotinib et le Ramucirumab. Pour le patient « E85 », la mutation T790M de l'exon 20 est associée à une résistance aux inhibiteurs de première et deuxième génération, nécessitant l'utilisation de l'Almonertinib de troisième génération pour améliorer le pronostic. Ces résultats soulignent l'importance des tests génétiques pour une prise en charge personnalisée des patients atteints de CBNPC et l'adaptation des stratégies thérapeutiques en fonction du profil mutationnel. Des efforts continus sont nécessaires pour mieux comprendre et combattre cette maladie, notamment en explorant les bases moléculaires et génétiques des différents sous-types, en développant de nouveaux biomarqueurs et en utilisant l'intelligence artificielle pour améliorer le diagnostic et la stratification du risque. Une approche multidisciplinaire impliquant l'épidémiologie, la pathologie, la génomique et l'intelligence artificielle sera essentielle pour transformer les perspectives actuelles du cancer du poumon.
Description
Mots-clés
Cancer du poumon, Cancers bronchiques non à petites cellules, Adénocarcinomes, Carcinomes épidermoïdes
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