Prise en charge de la maladie trophoblastique gestationnel.
Prise en charge de la maladie trophoblastique gestationnel.
Fichiers
Date
2025-07-15
Auteurs
CHELHA Chanez
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Éditeur
Résumé
Introduction : Les maladies trophoblastiques gestationnelles (MTG) sont des affections rares d’origine placentaire, caractérisées par une prolifération anormale du tissu trophoblastique. Leur diagnostic repose sur l’échographie et le dosage de la β-hCG. Une prise en charge adaptée et un suivi rigoureux sont essentiels pour prévenir les complications, notamment l’évolution vers les formes malignes.
Objectif de l’étude : L’objectif principal de notre étude est d’évaluer la prise en charge des maladies trophoblastiques gestationnelles (MTG) au CHU d’Oran. Elle cherche à estimer leur fréquence et à décrire leurs caractéristiques épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques. L’étude vise également à analyser l’efficacité des traitements et établir une stratégie de surveillance post-môlaire permettant de détecter précocement les complications, notamment l’évolution vers les TTG.
Matériel et méthodes : Il s’agit d’une étude prospective réalisée sur trois ans, de janvier 2016 à janvier 2019. Elle a inclus 138 cas de maladies trophoblastiques gestationnelles pris en charge au service de gynécologieobstétrique du CHU d’Oran. Les patientes ont été suivies tout au long de leur parcours diagnostique et thérapeutique. Les données ont été recueillies à partir des dossiers médicaux : cliniques, biologiques, échographiques et anatomopathologiques. Des fiches de suivi ont permis d’assurer un recueil complet et standardisé. L’étude a permis une analyse globale de la prise en charge et de l’évolution des MTG dans ce contexte hospitalier.
Résultats : L’étude menée au CHU d’Oran (2016–2019) sur 61 912 grossesses a recensé 138 cas de maladies trophoblastiques gestationnelles (MTG), dont 109 môles hydatiformes (81 complètes, 28 partielles) et 29 TTG, dont 16 post-MH persistantes. L’incidence était de 1,7‰ pour les MH et 0,7‰ pour les TTG. L’âge moyen des patientes était de 34 ans, majoritairement entre 30 et 39 ans. Plus de la moitié venaient d’Oran (58, 7 %) et 55, 5 % avaient un niveau socio-économique faible. Les groupes sanguins les plus fréquents étaient A (42, 8 %) et O (37,7 %). Les patientes avaient une gestité moyenne de 3, 24 et une parité de 1, 91. Les antécédents comprenaient fausses couches (26, 8 %), MH (3, 6 %), et pathologies thyroïdiennes (9, 4 %). Les MH étaient découvertes par métrorragies (51, 4 %) ou échographie fortuite (42, 2 %), à un âge gestationnel moyen de 10, 4 SA. Les formes précoces (<12 SA) étaient souvent asymptomatiques, avec une échographie typique dans 67 % des cas. Les taux de β-hCG ≥ 100 000 UI/L étaient fréquents (68, 8 %), surtout dans les MHC (86, 4 %). L’aspiration a été le traitement principal (88 %), l’hystérectomie réalisée dans 10 % des cas (surtout chez les ≥ 40 ans). La surveillance post-évacuation a montré une régression complète à l’échographie dans 89 % et une β- hCG négative dans 85, 3 %. L’évolution vers une TTG a concerné 18, 5 % des MHC et 3, 6 % des MHP. Les TTG (n = 45) étaient post-molaires dans 93, 3 % des cas, révélées par anomalie de β-hCG (55, 6 %) ou métrorragies (35,6 %). Le délai moyen de diagnostic post-grossesse était de 1 à 2 mois (66, 7 % des cas). Les TTG étaient majoritairement FIGO stade I (73 %) et à bas risque (91 %), traitées principalement par MTX. Les formes à haut risque (n = 4) ont été traitées par EMA-CO. Un seul décès (2, 2 %) a été enregistré, chez une patiente avec un choriocarcinome métastatique.
Conclusion : La prise en charge des MTG au CHU d’Oran a montré une efficacité notable grâce à un diagnostic précoce et un suivi rigoureux. L’aspiration a été le traitement de référence, avec recours à l’hystérectomie chez les patientes à risque. Le suivi par β-hCG a permis de détecter précocement les TTG, survenues dans 14,7 % des cas, surtout après MHC. Les TTG étaient majoritairement à bas risque, bien contrôlées par le méthotrexate. L’absence de mortalité confirme la qualité de la prise en charge multidisciplinaire.
Description
Mots-clés
Maladies trophoblastiques gestationnelles, Môle hydatiforme, Tumeur trophoblastique gestationnelle, β-hCG