Profil thérapeutique de l'améloblastome mandibulaire à l'EHU d'Oran.

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Date
2024-07-14
Auteurs
TOUAT Amina
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Résumé
Introduction L’améloblastome est une tumeur bénigne qui prend naissance à partir de l’épithélium odontogène et se développe au sein d’un stroma fibreux. Du fait de son agressivité locale et son fort potentiel récidivant après traitement chirurgical, on lui attribue le qualificatif de tumeur bénigne à malignité locale. De symptomatologie clinique discrète, la radiologie permet d’évoquer le diagnostic. Son traitement est chirurgical dont les modalités restent discutées : radical ou conservateur. Objectifs À la lumière de ces éléments, nous avons souhaité comparer la survie en termes de récidive pour les deux méthodes chirurgicales et proposer un algorithme de prise en charge de l’améloblastome mandibulaire. Méthodes Nous avons mené une étude descriptive à visé pronostique sur l’ensemble des améloblastomes mandibulaires que nous avons pris en charge dans notre service de chirurgie maxillo-faciale à l’EHU d’Oran sur une période de dix ans (janvier 2010 - décembre 2019). Les caractéristiques cliniques, radiologiques, histologiques et le type de traitement choisi ont été relevés. Le test de Kaplan Meier a été utilisé pour calculer le taux de récidive, l’analyse univariée, le test de logarithme des rangs pour évaluer les relations entre les facteurs de risque et la récidive. Résultats Nous avons inclus 58 patients, l’âge moyen était de 36,71ans avec des extrêmes de 10 â 87 ans, la tranche d’âge la plus touchée était celle de 30 à 49 ans (58,6 %) avec une légère prédominance masculine : sexe-ratio de 1,5. Le principal mode de découverte de la tumeur était la tuméfaction : 55 patients (94,8 %). L’examen radiologique standard (orthopontomogramme) systématique a montré une image multiloculaire dans 75,9 % des cas. Aucune biopsie préopératoire n’a été réalisée, l’examen anatomopathologique de la pièce opératoire a objectivé plusieurs types histologiques, les plus fréquents étaient le folliculaire (44,83 %), le kystique (24,14 %) et le plexiforme 18,39 %). La durée moyenne de suivi était de 47,9 mois avec un écart-type à 29,9 mois. Sur 87 interventions chirurgicales recensées sur 58 patients, 65 (74,71 %) ont été des traitements conservateurs et 22 (25,29 %) des traitements radicaux. En effet, 17 patients ont nécessité la réalisation d’un traitement secondaire pour récidive et 6 patients d’un traitement tertiaire. Toutes les récidives répertoriées étaient secondaires au traitement conservateur, le taux de récidive était de 44,6 % (29/65) après chirurgie conservatrice et de 0 % (0 : 22) après chirurgie radicale. La probabilité de survie globale sans récidive des patients à 3 ans était à 75 % avec IC à 95 % (63 % - 87 %) estimée par la méthode de Kaplan Meier. Une corrélation statistiquement significative a été retrouvée entre récidive-paramètres radiologiques et entre récidive-modalités thérapeutiques. Conclusion Le traitement conservateur semble montrer un taux de récidive plus important que le traitement radical. Toutefois, l’approche conservatrice garde une place importante dans la prise en charge de l’améloblastome mandibulaire, l’âge du patient, l’aspect macroscopique, les caractéristiques radiologiques ainsi que l’adhésion du patient à un suivi régulier et prolongé sont des éléments déterminants dans le choix de la méthode thérapeutique à appliquer.
Description
Mots-clés
Tumeur odontogène • Améloblastome • Mandibule • Récidive • Traitement conservateur • Traitement radical • Facteurs de risque
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