Effet protecteur des bactéries du yaourt sur la muqueuse intestinale de souris BALB\c sensibilisées au lait de vache
Effet protecteur des bactéries du yaourt sur la muqueuse intestinale de souris BALB\c sensibilisées au lait de vache
Fichiers
Date
2010
Auteurs
TBAHRITI Hadja Fatima
Nom de la revue
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Titre du volume
Éditeur
Université Oran1 Ahmed Ben Bella
Résumé
Lors de ces dernières décennies, un grand intérêt a été porté aux bactéries lactiques probiotiques ayant des effets bénéfiques sur la santé. Le but de notre travail est de fermenter le lait de vache avec les bactéries du yaourt prises en association et individuellement ; ces laits fermentés vont servir à la colonisation du tube digestif de souris BALB/c prises comme
modèle d'étude de l'allergie, pour évaluer leurs effets protecteurs sur la muqueuse intestinale de ces dernières, quand elles sont sensibilisées par le lait entier de vache. La caractérisation microbiologique, biochimique, immunologique des laits fermentés préparés nous permettra de qualifier leurs propriétés hypoallergiques et de savoir s'ils peuvent constituer une alternative chez les enfants allergiques au lait de vache. Le lait de vache fraîchement collecté est écrémé et stérilisé à 105°C pendant 10 min puis fermenté à 45°C jusqu'à l'obtention d'un caillé par l'action des bactéries prises individuellement ou en association. Un lait LF1 (yaourt) fermenté avec la culture mixte contenant 17.107ufc/ml de Lactobacillus delbrueckii subsp. bulgaricus (Lb) et 9.107ufc/ml de Streptococcus salivarius subsp thermophilus (St), les laits LF2 et LF3 fermenté avec des cultures pures contenant respectivement 7.107ufc/ml de (Lb) pour LF2 et 4.107ufc/ml de (St) pour LF3. Après 480min de fermentation, la cinétique de croissance bactérienne la plus élevée est obtenue au niveau du lait fermenté LF1, révélant une augmentation hautement significative (p<= 0.001), la concentration moyenne est de 3.108ufc/ml pour (Lb) et 9.108ufc/ml pour (St), ce qui explique la présence d'une synergie entre les 2 espèces bactériennes. Le taux d'acide lactique produit est significativement élevé (p<=0.001) dans LF1 (78.01±4.81°D) comparé à celui du lait stérile (20±0.04°D); cette activité se traduit par une baisse hautement significative de pH (p<=0.001) dont les valeurs sont de (4.66±0.13), (6.59±0.01) respectivement pour LF1 et
LS. L'activité protéolytique (protéines totales, Alpha-NH2) montre que c'est l'association (Lb+St) qui donne le meilleur profil protéique (140.44±0. 53micro g/mg, 18.52± 0.08 micro M/mg) (p<=0.01) par rapport à LS (419.72±1. 85micro g/mg, 9.53±0.36micro M/mg) et aux autres laits fermentés. L'électrophorèse des protéines des 3 laits préparés a montré des bandes claires identifiables aux protéines natives du lait : concluant une protéolyse partielle. Après une colonisation intestinale des souris avec LF1, LF2 et LF3 suivie d'une sensibilisation au lait entier de vache, un dénombrement bactérien est effectué au niveau de la muqueuse et des fèces fraiches. Nos résultats révèlent que la meilleure survie des bactéries est observée chez les souris colonisées par la culture mixte constituée de 7. 106ufc/g pour (Lb) et 12.106ufc/g pour (St) dans la muqueuse et 107ufc/g pour (Lb) et 3.107ufc/g pour (St) dans les fèces par rapport aux souris colonisées par LF2 et LF3. Les titres en IgG sériques anti Béta-Lg sont significativement diminués chez les souris colonisées avec LF1 (1/2400ème), par rapport au groupe témoin (1/46600ème) sensibilisé au lait de vache. Le test de provocation, in vitro, en chambre de Ussing révèle l'absence d'un choc anaphylactique en enregistrant des valeurs plus au moins stables de l'Isc, pour les protéines sensibilisantes testées (Béta-Lg, Alpha-La et LF1) chez le groupe de souris colonisées par le yaourt (LF1) puis sensibilisé au lait de vache en comparaison avec le groupe témoin intubé avec une solution saline suivie d'une sensibilisation au lait de vache dont les résultats montrent une augmentation de l'Isc hautement significative (p<=0.001) pour les antigènes testés. L'étude histologique de la muqueuse intestinale montre que l'induction de la tolérance orale à la Béta-Lg est évidente chez les souris colonisées par LF1 (le yaourt) ; ceci est prouvé par des villosités intestinales longues (52.7±0.98micro m) avec un aspect fin et une
infiltration des lymphocytes intraépithéliaux peu marquée, comparés au groupe témoin positif, qui présente une atrophie partielle des villosités avec un décollement du chorion et une infiltration dense des lymphocytes intra-épithéliaux.Ces résultats confirment que le yaourt prévient les allergies aux protéines la Béta-Lg,et l' Alpha-La via l'induction de la tolérance orale, en exerçant un effet protecteur sur la muqueuse intestinale par la stimulation du système immunitaire.
Description
Mots-clés
Yaourt, Tolérance orale, Béta-Lactoglobuline, Allergénicité, Lait de vache, Souris BALB/c, Chambre de Ussing, IgG sérique